Lettre à nos clients

D’un point de vue tant professionnel que personnel, la pandémie de coronavirus constitue une source de grande préoccupation pour chacun d’entre nous. Outre le bilan humain tragique et regrettable, la propagation du virus implique aussi des risques économiques significatifs à court terme. Nous sommes à votre disposition pour vous aider à naviguer dans cet environnement incertain, en veillant à ce que votre portefeuille reste aligné avec vos objectifs d’investissement personnels à long terme.D’un point de vue logistique, nous avons réactivé en amont notre plan de continuité de l’activité, déjà testé auparavant. Le personnel essentiel au fonctionnement de la banque a été réparti entre plusieurs sites afin de garantir sa sécurité et d’éviter une perturbation de nos opérations tant que l’épidémie continuera de s’étendre.

S’agissant de vos actifs, nul doute que la volatilité qui s’est récemment emparée des marchés est pour vous source d’inquiétude. En effet, l’environnement d’investissement s’est dégradé dans des proportions inattendues ces dernières semaines avec la survenance de deux événements concomitants que l’on peut qualifier de « cygnes noirs ». Premièrement, l’épidémie de Covid-19 s’est propagée à 120 pays à un rythme alarmant. Le choc d’offre occasionné par les mises en quarantaine et les fermetures d’entreprises risque désormais de se transformer en choc de demande alors que les pouvoirs publics s’efforcent d’endiguer l’épidémie. Deuxièmement, l’Arabie saoudite a réagi au refus de la Russie de participer au durcissement des quotas de l’Opep+ en augmentant sa propre production pour inonder le marché à un moment où le virus annihilait l’élasticité de la demande. Cette stratégie a provoqué un effondrement des cours du pétrole, qui pourrait avoir des répercussions économiques et financières plus larges.

Ces chocs exogènes imprévisibles ont entraîné un spectaculaire mouvement de vente de la part des investisseurs, qui s’est traduit par la correction la plus rapide jamais observée pour les actifs risqués. Cette situation est déconcertante mais l’histoire prouve que l’antidote à la panique consiste à faire preuve de calme et de discipline.  Rester concentré sur vos objectifs à long terme peut vous permettre de voir au-delà du brouillard de la panique du marché.

Pour le moment, dans la mesure où les facteurs épidémiologiques restent difficilement quantifiables, l’impact économique du virus est encore inconnu, même si l’on peut s’attendre à un net fléchissement des statistiques à court terme et à un ralentissement économique temporaire. L’actualité alimente déjà la peur d’une récession parmi les participants au marché. Le mot « récession » n’est pas sans rappeler l’année 2008. Cependant, il ne s’agissait alors pas d’une récession habituelle mais d’une crise financière : la tempête du siècle. Aujourd’hui, le système financier est nettement plus sain qu’à l’époque et il convient de garder à l’esprit que le marché peut survivre à un ralentissement de la croissance économique à court terme. De tels événements n’aboutissent pas toujours à quelque chose de plus significatif et les corrections s’apparentent souvent à une réaction naturelle dès lors que les marchés s’efforcent de réévaluer les prix en fonction des bénéfices potentiels à court terme.

Tant que nous n’aurons pas une idée plus précise des répercussions à plus long terme sur la croissance, l’incertitude continuera de planer sur les marchés, entretenant ainsi la volatilité. Il ne faut pas oublier que la volatilité est le prix à payer pour l’appréciation du capital sur le long terme et qu’il est fortement déconseillé d’anticiper les fluctuations des marchés au risque de pénaliser la performance.

Il est toujours recommandé d’avoir un portefeuille diversifié et les avantages deviennent évidents en période de stress. Les obligations d’État peuvent avoir une valeur de stabilisateurs de portefeuille et leur valeur ajoutée inhérente, en termes de diversification, devrait rester affichée dans un contexte de volatilité continue du marché.. Par conséquent, la faiblesse des taux ne doit pas vous dissuader de conserver une allocation suffisante aux obligations au sein de votre portefeuille. Notre exposition aux actions présente également des aspects défensifs : elle est axée principalement sur les États-Unis, signe de notre préférence pour la qualité.

Pour l’instant, nous déconseillons les transactions «à chaud»,car nous pensons que la situation finira par se normaliser. Quand ? Impossible de le savoir en l’état actuel des choses, et il est vrai que la situation pourrait encore s’aggraver avant de s’améliorer.

Il convient toutefois de souligner certains éléments encourageants. L’absence de plan d’action coordonné au niveau du G7 pour lutter contre l’épidémie au début du mois de mars a déçu les participants aux marchés mais, à présent, les responsables économiques ont pris le taureau par les cornes. La Fed a annoncé en urgence une baisse de ses taux d’intérêt. D’autres banques centrales à travers le monde lui ont emboîté le pas, la dernière en date étant la Banque d’Angleterre (BoE) et la Banque Centrale Européenne (BCE). Cela montre que les banques centrales veillent au grain pour atténuer le risque de récession. De leur côté, les gouvernements ont annoncé des plans de relance économique significatifs en complément des mesures monétaires. Les mesures d’ordre général telles que les baisses de taux directeurs, conjuguées à des mesures plus ciblées (comme le moratoire sur les remboursements de crédits hypothécaires annoncé par l’Italie ou la nouvelle facilité de la BoE destinée à soutenir le crédit bancaire aux PME) pourraient s’avérer une prescription efficace. Pour éviter de céder à la sinistrose, les investisseurs peuvent aussi s’efforcer de voir le verre à moitié plein : ils constateront alors que certains marchés actions présentent une valorisation attrayante d’un point de vue historique. Le fait est qu’avec la baisse des rendements obligataires et la chute des cours des actifs risqués, les primes de risque des actions flirtent désormais avec leur plus haut niveau depuis dix ans, tout comme la volatilité implicite.

Voilà pourquoi nous déconseillons d’anticiper l’évolution des marchés en vendant des actions pour se replier temporairement sur les liquidités. Il est fort possible que lorsque l’économie amorcera une reprise, les cours reflèteront déjà cette évolution. Pour le moment, nous pensons que la stratégie la plus prudente consiste à conserver un portefeuille équilibré pouvant être ajusté, dans le respect des paramètres de risque définis, afin d’atteindre vos objectifs d’investissement à long terme. Nous continuons de surveiller attentivement le contexte marché. Toute modification importante de notre allocation d’actifs sera communiquée.